« Quand une chose n’est pas le fait de ma méchanceté actuelle ou la conséquence de ma méchanceté antérieure, et qu’elle ne peut pas être nuisible à la communauté, pourquoi aurais-je à m’en préoccuper ? Quel tort peut-elle faire à l’ordre commun de l’univers ? »
Des mots à garder.
Des idées à partager.
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3766 citations
« Autre est le mouvement d’une flèche, autre est celui de l’esprit. Mais l’esprit a cet avantage que, tout en procédant avec le soin nécessaire et en considérant les choses attentivement, il n’en va pas moins droit, et il n’en arrive pas moins sûrement à son but. »
Marc Aurèle
« Le meilleur moyen de se défendre contre eux, c’est de ne pas leur ressembler. »
Marc Aurèle
« À mon gouverneur, de n’avoir jamais été de la faction des Verts ou des Bleus, ni de celle des Petits-boucliers ou des Grands-boucliers ; il m’a montré aussi à endurer la fatigue, à restreindre mes besoins, à faire beaucoup par moi-même, à diminuer le nombre des affaires, et à n’accueillir que très-difficilement les dénonciations. »
Marc Aurèle
« Un autre commet une faute ; que m’importe à moi ? C’est à lui de voir ; il a son organisation propre, il a son activité individuelle. Quant à moi, j’ai à cette heure ce que la commune nature veut que j’aie à cette heure ; et je fais ce que ma nature veut que je fasse maintenant. »
Marc Aurèle
« Sur la douleur. Si elle est intolérable, elle nous fait sortir de la vie ; si elle dure, c’est qu’on peut la supporter. Notre pensée, concentrée en elle-même, conserve néanmoins toute sa tranquillité ; et le principe souverain qui nous gouverne n’en est pas altéré ; c’est seulement aux parties de notre être affectées par la douleur de nous dire, si elles le peuvent, ce qu’elles éprouvent. »
Marc Aurèle
« C’est comme les spectacles de l’amphithéâtre et les autres amusements de cette sorte, dont on se dégoûte à force de voir toujours les mêmes choses, et où l’uniformité rend la répétition des mêmes objets intolérable. On éprouve aussi une répugnance analogue durant le cours de la vie ; car, du haut jusqu’en bas, les choses sont les mêmes, et elles ont les mêmes causes. Ainsi donc, jusques à quand ? »
Marc Aurèle
« Représente-toi bien qu’un homme qui s’afflige de quoi que ce soit, ou qui se révolte contre les choses, ressemble à un de ces pourceaux traînés au sacrifice, qui regimbent en grognant. C’est l’image de celui qui, couché sur son lit solitaire, se plaint en secret du destin qui nous enchaîne. Dis-toi bien aussi que le privilége de l’être doué de raison, c’est d’obéir de son plein gré aux événements, tandis que, pour tous les autres êtres, y obéir purement et simplement est une absolue nécessité. »
Marc Aurèle
« Prêter toute son attention à ce qu’on nous dit ; et faire pénétrer son intelligence dans les faits réels et dans les causes qui les produisent. »
Marc Aurèle
« C’est une vertu propre de l’homme d’aimer ceux mêmes qui nous offensent. Tu ressentiras cette facile indulgence, si tu te rappelles que ces hommes sont de ta famille ; que c’est par ignorance et sans le vouloir qu’ils commettent ces fautes ; que, dans bien peu de temps, vous serez morts les uns et les autres ; et, par-dessus tout, tu seras indulgent, si tu te dis que l’offenseur ne t’a fait aucun tort ; car il n’a pu pervertir en toi le principe supérieur qui te dirige. »
Marc Aurèle
« Le corps doit, lui aussi, se ranger et n’avoir rien de désordonné, ni dans son mouvement, ni dans son maintien. Puisque la pensée se manifeste jusqu’à un certain point sur le visage, en lui appliquant un cachet d’intelligence et de calme, il faut exiger du corps tout entier la même docilité. Mais le soin qu’il faut apporter à tout cela ne doit en rien sentir l’affectation. »
Marc Aurèle
« Si quelqu’un veut bien me convaincre et s’il m’arrête en me prouvant que ma pensée n’est pas juste, ou que mon action n’est pas bonne, je suis à la joie de mon cœur de me redresser ; car je ne cherche que la vérité, qui n’a jamais nui à personne, tandis qu’on se fait le plus grand tort en persévérant dans son erreur et dans son ignorance. »
Marc Aurèle
« Cesse enfin de t’égarer ; tu n’as plus le temps de lire, ni tes mémoires personnels, ni les hauts faits des anciens Romains et des Grecs, ni ces extraits d’ouvrages choisis que tu avais réservés pour charmer ta vieillesse. Ne tarde donc plus à en finir ; et, si tu as quelque souci de toi-même, laisse là les espérances vaines, et ne pense plus qu’à ton propre salut, tandis que tu peux encore y songer. »
Marc Aurèle
« Il ne s’écoulera pas beaucoup de temps encore pour que toi-même tu ne sois absolument rien, non plus que chacune de ces choses que tu vois présentement, non plus que chacun de ceux qui présentement vivent avec toi. La nature veut que tout change, que tout se transforme, que tout périsse, pour que d’autres êtres puissent à leur tour succéder à ce qui est. »
Marc Aurèle
« La nature de l’univers a procédé spontanément à la création et à l’ordre du monde. Donc, à cette heure, de deux choses l’une : ou tout ce qui se passe n’est que la suite de la première impulsion ; ou bien, il n’y a rien de raisonnable même dans les êtres les plus importants, dont le Souverain du monde a pris un soin tout particulier. Dans bien des cas, cette réflexion, si tu te la rappelles, augmentera encore ta profonde tranquillité. »
Marc Aurèle
« Ne cherche à jouir que du temps qui t’est présentement accordé. Ceux qui poursuivent avec le plus d’ardeur une gloire qui doit leur survivre, feraient bien de penser que ceux dont ils l’attendent seront absolument semblables à leurs contemporains d’aujourd’hui, qu’ils ont tant de peine à supporter. Ceux-là aussi sont soumis à la mort ; et dès lors, quel intérêt peux-tu avoir à ce que leurs voix retentissent en ta faveur, et qu’ils aient de toi un souvenir aussi peu durable qu’eux-mêmes ? »
Marc Aurèle
« Considéré d’une façon générale, le vice ne peut pas nuire au monde ; considéré dans un individu séparé, il ne nuit pas à autrui ; mais il est exclusivement nuisible à l’être même, qui d’ailleurs a la possibilité d’en être délivré, pourvu que d’abord ce soit lui qui le veuille. »
Marc Aurèle
« Quand on fait une faute contre quelqu’un, on en commet une aussi contre soi-même ; en faisant tort à autrui, on se fait en même temps un tort personnel, puisqu’on se pervertit. »
Marc Aurèle
« Nous n’avons qu’à aimer le sort dont la trame nous est tissue dans le destin commun. Qu’y a-t-il en effet de plus régulier ? »
Marc Aurèle
« L’état de corps et d’âme où il faut être quand la mort viendra nous surprendre, la brièveté de la vie, le gouffre insondable du temps, soit en arrière, soit en avant, la fragilité de toute matière… »
Marc Aurèle
« Se représenter continuellement le monde comme un seul être animé, qui ne renferme qu’une seule substance et qu’une seule âme ; essayer de comprendre comment toutes choses doivent se rapporter à une perception unique, qui est la sienne ; comment c’est lui qui fait tout par une unique impulsion ; comment chaque détail coopère réciproquement à tout ce qui arrive ; et enfin comment tout s’enchaîne et tout est solidaire dans l’ensemble de l’univers. »
Marc Aurèle
« Mets de côté l’idée que tu te fais des choses, et te voilà sauvé. Et qui peut t’empêcher encore de la mettre de côté ? »
Marc Aurèle
« S’il s’agit d’un discours, il faut regarder à chaque mot ; s’il est question d’un acte, il faut regarder à l’intention. Dans ce dernier cas, il importe tout d’abord d’apprécier le but que l’agent poursuivait, de même que, dans l’autre, il ne faut apprécier que l’expression dont on s’est servi. »
Marc Aurèle
« Caractère sombre, caractère efféminé, caractère opiniâtre, féroce, puéril, brutal, bouffon, perfide, sacrilége, cupide, tyrannique. »
Marc Aurèle
« Supprime l’idée que tu t’es faite ; et, du même coup, tu supprimes aussi ta plainte : « Je suis blessé. » Supprime le « Je suis blessé » ; et, du même coup, la blessure est supprimée également. »
Marc Aurèle
« On ne pourrait pas donner des leçons d’écriture et de lecture, si d’abord on n’en avait soi-même reçu. À bien plus forte raison, cette éducation préalable est-elle nécessaire pour l’art de la vie. »
Marc Aurèle
« Il n’est plus temps de discuter sur les conditions que l’homme de bien doit remplir ; il s’agit uniquement d’être homme de bien. »
Marc Aurèle
« Est-ce que tu t’affliges de ne peser que tant de livres et de n’en point peser trois cents ? Ne t’afflige donc pas non plus de n’avoir à vivre que tant d’années et non davantage. Et de même que tu te contentes du poids qui a été assigné à ton corps, de même aussi sache te contenter du temps qui t’est accordé. »
Marc Aurèle
« Dans la matière dont tout être est composé, il y a une partie qui se corrompt et se perd, liquide, cendre, os, humeur ; dans un autre genre, les marbres sont les coagulations de la terre ; l’or et l’argent y sont des dépôts, des sédiments ; les poils des bêtes sont notre vêtement ; le sang est de la pourpre, et ainsi de tout le reste. Le souffle même qui nous anime est quelque chose d’analogue, puisque, venu de certains éléments, c’est en ces éléments qu’il se change lui-même. »
Marc Aurèle
« Si tu supprimes ton opinion sur l’objet qui semble te causer tant de douleur, te voilà, toi, dans la plus immuable sécurité. — Mais qui, Toi ? — Toi, c’est la raison. — Mais je ne suis pas raison. — Deviens-le. Que la raison ne s’inflige donc pas à elle-même une douleur inutile ; et si, par hasard, il y a encore en toi quelque chose qui ne va pas bien, que ce quelque chose se fasse à soi-même une opinion sur ce qu’il souffre. »
Marc Aurèle
« Ne t’inquiète pas de savoir si tu as chaud, ou froid, quand tu fais ce que tu dois ; si tu as besoin de sommeil, ou si tu as suffisamment dormi ; si l’on te blâme, ou si l’on te loue ; si tu t’exposes à la mort, ou à toute autre épreuve ; car le fait même de mourir n’est qu’une des fonctions de la vie ; et, dans ce cas comme dans tous les autres, il suffit que tu disposes bien du moment où tu es. »
Marc Aurèle
« As-tu vu cela ? Vois encore ceci. Ne te trouble pas ; simplifie ta vie tant que tu le peux. Quelqu’un a-t-il fait une faute ? C’est à son détriment qu’il l’a commise. Te survient-il un accident ? C’est fort bien ; car tout ce qui t’arrive t’était destiné dès l’origine et faisait partie de la trame universelle des choses. Somme toute, la vie est bien courte, et il faut mettre le présent à profit avec un calcul éclairé et avec justice. Sois sobre dans le relâche que tu te donnes. »
Marc Aurèle
« Tu n’as vécu et subsisté qu’à l’état de partie dans un tout. Tu disparaîtras dans le sein de l’être qui t’a produit ; ou plutôt, tu seras recueilli par suite de quelque changement, dans la raison de cet être qui a créé les germes de l’univers entier. »
Marc Aurèle
« Que te représente le bain que tu prends ? De l’huile, de la sueur, de l’ordure, de l’eau visqueuse, toutes choses dégoûtantes. Eh bien, voilà ce qu’est la vie dans toutes ses parties ; voilà ce qu’est tout objet, quel qu’il soit. »
Marc Aurèle
« Ou la douleur est un mal pour le corps, et dès lors c’est à lui de le dire ; ou elle est un mal pour l’âme. Mais l’âme peut toujours conserver son calme parfait et son absolue sérénité, en n’admettant pas que la douleur soit un mal. C’est qu’en effet le jugement, l’émotion, le désir et l’aversion sont toujours au-dedans de nous ; et il n’y a pas de mal qui soit assez puissant pour pénétrer jusque-là. »
Marc Aurèle
« Pas de trouble, pour tout ce qui provient de la cause extérieure ; stricte justice dans tous les actes que produit la cause qui ne tient qu’à toi ; en d’autres termes, principe d’action et désir, qui aboutissent à te faire toujours rechercher l’intérêt de tous, comme un devoir que la nature t’impose. »
Marc Aurèle
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Collection de Vise la Réussite, média du groupe Mashaah LLC, enrichie par la lecture d’œuvres originales du domaine public. Citations classiques référencées à leurs œuvres, avec l’orthographe de leur édition ; citations contemporaines de Hût Chi B. Répa publiées par leur auteur. Les thèmes servent à explorer les textes et ne remplacent pas leur contexte historique. Textes disponibles en français.